Au fil des roues, au gré des pas...

Au fil des roues, au gré des pas...

Colorado provençal

Nous sommes le mardi 27 décembre 2011 et il fait une magnifique journée de printemps.

Ce serait dommage de rester enfermés, aussi décidons nous de partir pique-niquer derrière le Lubéron, plus précisement dans le Colorado provençal, à Rustrel...

 

Si j'ai parcouru l'endroit à plusieurs reprises, tant à pied qu'à VTT, je n'y suis plus revenu depuis plus de 15 ans.

J'ai appris que désormais l'accès au site était payant (4 euros par véhicule) mais par chance, en cette période, ce n'est pas le cas !!

 

Avant toute chose, un bon conseil :

Habillez vous avec des vêtements auxquels vous tenez peu, l'ocre colore et tâche tout ! Attention notamment aux chaussures type "tennis blanches" !!!!

 

Je sais au moins que je n'y retournerai pas à VTT :

 

 

Par ailleurs, on ne se gare plus sur l'ancien parking (qui existe toujours mais qui doit être fermé lorsque le site devient payant).

La visite est désormais intelligemment balisée (fini les dizaines de tracés de couleur propice à l'égarement !) et permet de prendre de la hauteur par rapport aux sites majeurs pour mieux les apprécier.

Un peu "paumatoire" au départ, malgré un fléchage immanquable, nous nous laissons guider vers le Belvédère des Cheminées de fées.

 

 

L'itinéraire s'élève sérieusement via un chemin très raide et caillouteux pour nous emmener vers le sommet d'une colline de grès. L'endroit est plaisant, un peu mystérieux, en dépit du froid vif qui descend sur ce versant exposé au nord.

Après quelques circonvolutions, le tracé nous emmène enfin au-dessus des Cheminées de fées.

 

 

C'est toujours aussi beau ! Les ocres, sculptées en tours et dentelles, s'illuminent sous le soleil d'hiver et la lumière dure renforce leurs tons chauds.

 

 

Le sentier file ensuite au sud-est, passe en balcon au-dessus d'un profond vallon, et me permet la rencontre d'une plante très rare, inféodée à ces milieux sableux et froids, le Ciste à feuilles de laurier (Cistus laurifolius). Ce ciste ne pousse que dans sept départements français et encore de façon très diffuse.

 

 

Au terme d'une première heure de marche, nous arrivons au coeur d'un vallon aux parois d'ocre mais hélas, le soleil étant très bas, la majeure partie des falaises colorées est à l'ombre. Il faudra revenir au coeur du printemps pour bénéficier de plus d'ensoleillement.

Pour autant, il subsiste quelques poches de lumière qui suffisent à sublimer les tons chauds de cet étrange paysage.

 

 

Le vallon, glacial, nous ramène doucement vers le site principal où les ocres se parent de dizaines de tons différents. On y trouve des bruns bien sûr, mais aussi des rouges, des roses, des violets, des verts, des blancs, des caramels, des lilas, des oranges...

C'est une explosion de couleurs que révèle la lumière, là où elle parvient à s'immiscer...

 

 

Quel dommage que le soleil soit si bas !! D'autant plus qu'à l'ombre, il fait vite très froid.

Nous rejoignons dès que possible de grands espaces de lumière pour profiter au mieux de la chaleur relative et surtout de l'embrasement des collines d'ocre...

 

 

 

 

Avec toutes ces couleurs et l'aspect doux et soyeux des ocres, il y a une petite fille qui a beaucoup apprécié l'endroit !!

Inutile de vous parler de l'état dans lequel elle est rentrée à la maison !

 

 

Et il n'y a pas que les enfants qui se sont amusés à mélanger les couleurs ...

 

 

... Pour la réalisation d'une "bûche de Noël" très probablement indigeste mais bien colorée !!!

 

 

Allez, encore quelques photos pour prolonger le rêve ...

 

 

 

 

 

 

Géologie :

 

Au cours du Crétacé, il y a 110 millions d'années, à la période de l'Aptien, du nom de la ville d'Apt, un grès constitué par des grains de sable s'accumule sur 30 mètres d’épaisseur. Ces sédiments sableux se sont d'abord déposés en milieu marin proche des côtes, dans un environnement prodeltaïque, puis à la même époque le bombement dû au rapprochement de l'Ibérie, a fait émerger ces formations sédimentaires. Ces sables vont être à l'origine de l'ocre, grâce à une argile d'origine exclusivement marine et riche en fer: la glauconie1.

Dans le Colorado de Rustrel, depuis leur dépôt et leur exposition aux conditions atmosphériques, les strates d'ocre ont subi, par processus d'altération de type latéritique, une forte oxydation ayant conduit à la formation d'oxy-hydroxydes et d'oxydes de fer, respectivement appelés goethite (FeOOH) et hématite (Fe|2|O|3|), dont les proportions relatives font varier les nuances de couleurs que ces pigments confèrent aux sables ocreux. Il s'y mêle des sables blancs où domine la kaolinite (Al4Si4O10OH8)1.

La présence de manganèse, d'aluminium et de silicates sont à l'origine d'autres gammes de couleurs et des 24 teintes officiellement recensées, qui vont du gris au vert, en passant par le jaune et le rouge1. Ces dépôts marins sont surmontés par des dépôts plus grossiers d'origine continentale, dépourvus initialement de glauconie et donc particulièrement blancs, eux-mêmes surmontés encore d'une cuirasse ferrugineuse.

 

(extrait de Wikipédia)

 

Historique :

 

Le Roussillonnais Jean-Étienne Astier eut l'idée, à la fin du XVIIe siècle, de faire passer le sable dans des bassins de décantation pour en extraire l'ocre. Il le fit ensuite cuire pour en garder les propriétés colorantes. Six départements possédaient alors des gisements : le Vaucluse mais aussi le Cher, la Drôme, le Gard, la Dordogne et l'Yonne. L'arrivée du chemin de fer à Apt en 1877 permit l'exploitation intensive dans le Vaucluse. Créée en 1901, la Société des Ocres de France permit le développement du marché vers l'exportation. Les maxima de production furent atteints en 1929.

L'arrivée des colorants synthétiques vint progressivement concurrencer les ocres naturelles. Après un long déclin, l'exploitation des sites d'extraction s'arrêta peu à peu. Seul le site de production de Gargas reste en activité. Devant la variété de couleurs et de paysages, une association se forme afin de sauvegarder le site et démarre alors une exploitation touristique.


(extrait de Wikipédia)



29/12/2011
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