Au fil des roues, au gré des pas...

Au fil des roues, au gré des pas...

La Haute Route, entre Merveilles et Gordolasque - Jour 2

Jour 2 : le 05 août 2012

 

C'est dans un air bien frais que nous émergeons de la tente. Le ciel est bien bleu mais le soleil est encore caché derrière une chaîne de petites montagnes. Pourtant, sa belle lumière jaune inonde déjà les parois exposées à l'est.

 

Au petit matin, sur les rives du Lac Noir...

 

Il est temps de se faire qui un bon café, qui un excellent thé, puis de déplier le campement pour entamer une nouvelle journée de marche.

 

Sublime lumière sur le Lac Noir...

 

Trois quarts d'heure après notre réveil, nous voilà donc repartis sur les rives du Lac Noir. Je photographie quelques rares pieds de Gentiana punctata (la Gentiane ponctuée), une grande plante inféodée aux sols acides des terrains de montagne.

 

Gentiana punctata, la Gentiane ponctuée

 

Bien vite, nous atteignons l'extrémité du Lac Noir et ce sont les eaux étincelantes du Lac Vert qui miroitent désormais en contrebas. Inutile de se demander pourquoi celui-là s'appelle ainsi, ses merveilleuses eaux couleur d'émeraude parlent pour lui !

 

Le Lac Vert, au-dessus duquel est perché le petit Refuge de Valmasque

 

Au bout de ce dernier lac, sur un promontoire rocheux qui domine ses rives, se dresse le petit refuge de Valmasque. La Valmasque, c'est la Vallée des "masques", c'est à dire des sorcières dans l'ancien patois franco-provençal. C'est vrai qu'avec des paysages aussi torturés, on a peu de mal à imaginer qu'il puisse y en avoir encore quelques-unes par-là !!

 

Refuge de Valmasque

 

En attendant, pour Laurent et moi, la marche tranquille sur les rives des lacs, entamée hier en milieu d'après-midi, va s'achever dans quelques instants !

A partir de maintenant, c'est "dré dans l'pentu" pour rejoindre 500m plus haut le Pas de la Fous, un col d'altitude qui permet de passer de Valmasque en Gordolasque.

L'ascension commence donc, sans un mot, parmi de rares fleurs qui survivent difficlement à la grande sècheresse de l'été. Au fur et à mesure que nous nous élevons, la vue sur le Lac Vert est encore plus belle et le refuge est de plus en plus minuscule...

 

En montant au Pas de la Fous, le Lac noir (à gauche), le Lac du Basto (à droite) et le Mont Bégo au-dessus de lui

 

Un premier replat nous permet de reprendre un peu notre souffle, à mi-hauteur du parcours. On y trouve deux lacs, le Lac de la Luzière et le Lac Gelé (qui doit le rester une bonne partie de l'année !).

 

Les Lacs de la Luzière (le premier) et le Lac Gelé (le plus grand)

 

Puis, l'itinéraire emprunte quelques vires faciles pour tourner vers le sud puis l'ouest. A nouveau, les bouquetins nous accompagnent un bout de chemin, toujours à une distance respectable.

 

Etagne, bouquetin femelle

 

Enfin, le souffle court et les épaules endolories par les sacs à dos, nous parvenons au Pas de la Fous. Il y fait frais, presque froid, je mets ma polaire ! La vue est superbe d'ici et je montre à Laurent le Lac de la Fous, 650m plus bas, ainsi que le joli Lac Niré, la Tête du Lac Autier et, bien évidemment, l'immense masse du Clapier qui nous domine en projetant vers le ciel son arête sud-est...

 

Au Pas de la Fous, vue sur le versant occidental et le Lac de La Fous

 

Le Clapier me domine - Pas de la Fous

 

Au-dessus de nous, vers la droite, apparait le Pas est du Clapier, à la fois ligne frontière mais aussi notre ticket de passage vers l'Italie toute proche ! Mais nous ne serons pas seuls là-haut : Cinq grands mâles bouquetins profitent de l'air frais de ce haut col pour paresser au soleil...

 

Pas est du Clapier où séjournent plusieurs grands mâles bouquetins

 

Par un système de vires et de ressauts faciles, nous grimpons là-haut ; évidemment, les bouquetins ne nous attendent pas et prennent la poudre d'escampette au travers de belles falaises...

 

 

Dans les roches granitiques et gneissiques qui constituent le Pas est du Clapier, je retrouve une vieille connaissance que je regretterais ensuite de ne pas avoir photographiée : l'Eritriche nain ou Roi des Montagnes, une plante aux très jolies fleurs bleu pâle que seuls les alpinistes ou les randonneurs des hautes routes ont la chance de croiser tant elle est rare et pousse dans les parois escarpées ! Je la montre à Laurent puis nous continuons jusqu'à la ligne de crête.

Là, soudain, tout semble irréel : L'immense muraille est du clapier s'expose devant nous, sa base ourlée d'un vaste glacier gris et blanc que de longues dalles de granit flamboyant bordent en rive est.. 

 

Face nord et Glacier du Clapier - Ici, c'est l'Italie

 

Je suis stupéfait de trouver là une aussi grande masse de  glace (oh, certes, ce n'est pas la Mer de Glace, loin s'en faut, mais pour les alpes Maritimes, c'est déjà un bien beau glaçon !!). Sa structure est fascinante car la partie qui reste le plus longtemps à l'ombre de la puissante face est du Clapier est entièrement faite de glace grise et sombre tandis que la partie exposée plus longtemps au soleil est en neige blanche, à peine salie. Mais qu'on ne s'y trompe pas, le glacier est très glissant, même dans sa partie la plus éclatante !

 

Neige dure et glace vive sur le Glacier du Clapier

 

Nous cherchons un long moment le meilleur endroit pour le traverser et notre cheminement nous fait emprunter d'immenses dalles de granit polies depuis des millénaires par la reptation perpétuelle de la glace. Ces roches sont plus ou moins teintées par tout un tas d'oxydes et leurs couleurs sont étranges, renforçant l'aspect austère de cette très haute vallée...

De plus, ici, le glacier aidant, il fait particulièrement froid, ce qui ne facilitera pas notre traversée.

 

Pourtant, à mi-chemin de la vaste langue de glace, nous trouvons un passage relativement plus étroit et moins pentu. C'est là que nous traverserons (assez prudemment car il existe de petites crevasses et les eaux de ruissellement ont miné régulièrement le fond du glacier).

 

E pericolo sporgesi !

 

Une traversée un peu délicate sans les crampons !

 

Un bon quart d'heure de marche suffira à rejoindre l'autre rive. Ici, le danger est tout autre : Nous sommes au ras de l'immense falaise et, en découvrant les myriades de blocs de roche qui jonchent la racine du glacier, nous comprenont vite que l'endroit est extrêmement propice aux chutes de pierres.

C'est donc en allongeant le pas que nous suivons plus ou moins péniblement la falaise.

 

Contre la muraille du Clapier, un endroit très dangereux !

 

Ce que nous n'avions pas anticipé, c'est qu'ici, sur plusieurs centaines de mètres, la caillasse recouvre à peine la glace vive et que chaque pas peut être le départ d'une mauvaise glissade entre roc et glace. En outre, les roches, ici, ne sont pas stabilisées et marcher sur l'une peut entraîner le basculement et la chute de dizaines d'autres... C'est donc à un délicat jeu d'équilibre que nous nous livrons, Laurent et moi pour accéder au pied d'un grand cône d'éboulis qui devrait logiquement nous donner accès au Pas ouest du Clapier...

Laurent chute plusieurs fois et se plaint que ses semelles glissent beaucoup. Chose étonnante car il porte des Meindl, d'excellentes chaussures de marche, bien adaptées à ce type de terrain de haute montagne...

 

Laurent remonte le grand cône d'éboulis qui conduit au Pas ouest du Clapier

 

Enfin, le cône d'éboulis est atteint et nous nous élevons dans un vaste cirque glaciaire sans réussir à apercevoir le passage du pas ouest...

 

Encore quelques mètres et soudain je vois l'ensemble du cirque ; le problème, c'est qu'il n'y a qu'un étroit couloir bien raide qui pourrait permettre de s'échapper d'ici... Je m'attendais à un vrai col, relativement accessible et je me retrouve face à un couloir bien raide, qui semble particulièrement instable et encombré de gros blocs... Le doute m'envahit, je sors ma carte, je l'oriente, je me creuse la tête mais non, il n'y a pas à tergiverser, c'est bien par-là qu'il nous faudra sortir !!

 

Enfin, nous découvrons le couloir du Pas ouest, bien vertical !

 

J'attends Laurent pour le lui expliquer et, pour la première fois, je le vois particulièrement dubitatif quant à ma décision. C'est vrai que ce couloir en impose, par sa raideur et surtout par l'austère paysage qui l'entoure ! Le flanc ouest du Clapier, à lui seul, dressé comme la proue d'un énorme navire, obscurcit les lieux. Je note d'ailleurs qu'un large couloir très rocheux se dirige droit vers son sommet. Je pense que ça passe par là mais avec du matériel d'escalade pour s'assurer à minima...

 

Le Clapier nous domine comme une proue de navire...

 

En conclusion, le seul passage qui s'offre à nous, c'est bien le couloir étroit que j'ai repéré...

 

J'y grimpe en premier, utilisant davantage la paroi que le fond terreux et complètement instable pour progresser lentement. la première moitié est la plus "casse-gueule" car rien n'y tient et il faut se déplacer comme un chat, d'aspérités en réglettes, sans jamais vraiment faire une absolue confiance en ce que l'on tient !! Je suis déjà à la moitié du couloir quand Laurent commence à y grimper. je sais que je dois être extrêmement prudent car si je déplace un bloc, Laurent n'aura que très peu de latitude pour l'éviter...

Par chance, je commence à m'élever dans un terrain beaucoup plus rocheux, plus structuré où les blocs tiennent mieux. je ne vois plus Laurent tant la pente se courbe et se creuse...

 

Enfin, au bout de vingt minutes d'ascension, je sors au col et me retrouve face à une borne frontière taillée dans du gneiss. Je me retourne, cherche Laurent mais il n'y a personne. j'attends avec impatience de le voir apparaître car je sais qu'un risque de chute est réel dans ce couloir étroit et traître...

Au bout d'une éternité, je vois enfin sa tête, bien loin en contrebas. Il aborde la partie plus facile et c'est tant mieux !

 

Laurent apparait, à la sortie de la première moitié du Couloir du Pas ouest

 

Nous nous sommes retrouvés sains et saufs tout en haut, perchés sur ce col rocheux à 2700m, reprenant pied sur le sol français et découvrant tout à coup les immenses pierriers qui ont donné leur nom au Clapier.

 

Le Pas ouest du Clapier et sa borne frontière

 

Il est déjà 13h40 et nous avons très faim après ce bel effort !

Installés à l'abri du vent, au chaud soleil de la face ouest, nous déjeunons de bon coeur quand Laurent en vient à se demander pourquoi est-ce qu'il glisse aussi souvent depuis ce matin !

Et là, tout à coup, le constat est alarmant : La semelle de ses chaussures est quasiment décollée entièrement et ce à chaque pied !!!!! C'est une catastrophe car il nous reste encore un jour et demi de marche pour boucler cette haute route !

Evidemment, Laurent devait glisser souvent avec des semelles dans cet état ! Après plus de vingt cinq ans passés à marcher en montagne, je n'avais encore jamais vu ça !!!

Pourtant, je croyais que les Meindl étaient quasiment garanties à vie ! Celles-ci, aux dires de Laurent, n'ont que 10 ans et il s'en est assez peu servi !!!

En tous les cas, usure normale ou prématurée, nous sommes là face à un très sérieux problème !

 

Laurent me propose d'essayer de faire coller les semelles en les attachant à la chaussure avec des bouts de ficelle... La solution, je le sais, ne pourra être que très temporaire. Ca pourra tenir tant que les semelles ne se seront pas complètement désolidarisées de la chaussure, ce qui ne devrait pas vraiment tarder !

On effectue donc cette réparation de fortune à l'aide de la paire de lacets que j'emmène toujours avec moi (en fait des brins de cordelette d'escalade !).

 

Nous choisissons de laisser une bonne partie de nos affaires dans un creux du paysage, histoire d'aller au sommet "légers".

Et nous voilà partis pour grimper tout en haut du Clapier par sa voie normale d'ascension, face au sud.

Des océans de pierres empilées dans la pente nous attendent, avec, de ci, de là, quelques barres de granit aisément franchissables.

Laurent essaye d'ailleurs de n'emprunter que celles-ci et d'éviter au maximum les pierres instables.

 

Tant bien que mal, le sommet est enfin atteint. Jamais sommet n'aura si bien porté son nom : Ici, toute la partie finale de l'ascension consiste à gravir un gigantesque cône de cailloux  !

Là-haut, il n'y a rien, rien qu'une poutre métallique dressée et un cercle de pierres qui constitue un maigre abri contre le vent...

 

Au sommet du Clapier, à 3045m

 

D'ici, la vue porte habituellement très loin, par-delà le Viso vers le nord et jusqu'à la Corse vers la mer... Mais aujourd'hui, avec de nombreux nuages un peu partout et notamment sur la plaine du Pô, on ne voit pas très loin. Même l'Argentera, pourtant relativement proche, se distingue sous un ciel bas et terne...

 

 

Nasta et Argentera, vues du Clapier

 

En fait, ce que l'on voit le mieux, ce sont les Pas est et ouest du Clapier, franchis il y a quelques heures.

 

Le Pas est du Clapier vu du sommet

 

Le couloir austère du Pas ouest, vu du sommet

 

Au sud-est, le Bégo barre la vue, énorme pyramide de roche qui se termine au pays des éclairs et de la foudre... C'est d'ici qu'il apparait vraiment comme un sommet vénérable et respectable !

 

Le Mont Bégo, sous un ciel pré-orageux

 

Je fais de nombreuses photos des points culminants qui nous entourent, Gélas, Malédie, Grand Capelet, Bégo, etc... malgré une météo qui devient chaque minute plus menaçante.

 

Le Grand Capelet, vu du Clapier

 

Vue panoramique du Gélas (à gauche) jusqu'au Val Muraion

 

Nous quittons le sommet. Laurent est obligé de marcher plutôt lentement s'il veut économiser un peu ses fragiles semelles... je me demande comment nous allons faire si nous devons redescendre ce soir jusqu'à la voiture car la distance mais aussi la dénivelée qui nous en séparent sont immenses...

 

Dans la descente du Clapier, un océan de caillasse...

 

Nous retrouvons sans peine nos affaires, faisons à nouveau les sacs puis, j'expose à Laurent ma solution pour faire durer un peu plus longtemps ses chaussures dans un précaire état de marche !

En fait, j'emmène toujours en randonnée un rouleau d'Elastoplast, vestige de mes souvenirs d'accompagnateur en montagne quand nos formateurs nous décrivaient avec raison ce produit comme le remède miracle à des myriades de problème !

Et force sera de constater qu'avec ce ruban adhésif, une paire de ciseaux (merci le couteau suisse), quatre bouts de ficelle et un peu de réflexion, on stabilise des semelles complètement arrachées, suffisamment pour marcher sur des terrains terriblement escarpés jusqu'au lendemain midi !

 

Un pauvre hère, bien démuni !!!!

 

L'opération ne nous aura pris qu'une vingtaine de minutes et Laurent peut à nouveau marcher !!

Le temps de remplir nos Camelbacks à l'unique source rencontrée dans cette immensité minérale et nous redescendons vers le Lac de la Fous et le Refuge de Nice.

 

La descente est interminable et le temps passe trop vite ; je commence à douter que nous puissions aller camper ce soir au-dessus du Lac Long comme je l'avais prévu... Aux mers de cailloux vont succéder de vastes dalles paumatoires où seuls les cairns nous permettront de ne pas nous égarer, puis ce sont enfin les premières pelouses et les jolis Lacs du Clapier.

 

Les petits Lacs du Clapier, en redescendant vers le Lac de la Fous

 

Avec le retour de l'herbe, c'est aussi celui des grands ongulés, chamois et bouquetins.

Tout à coup, un couple surgit devant nous ; ce sont les seuls êtres humains que nous avons vus jusque-là depuis que nous avons quitté les rives du Lac Noir ce matin ! Il s'agit de deux italiens qui cherchent à rejoindre le Pas de Pagari. Par chance, j'avais repéré ce passage quasiment invisible depuis le sommet du Clapier et je prends le temps de leur expliquer où passe le mince sentier.

 

Une demi-heure plus tard, bien fatigués, nous arrivons au fond de la vallée. Au-dessus de nous, perché sur son verrou granitique, le Refuge de Nice nous domine. Nous n'avons pas le courage d'y monter et poursuivons vers les rives du Lac de la Fous.

 

Le Refuge de Nice et le petit refuge d'hiver, dominés par la Cime Chamineye

 

Là aussi, les eaux sont très basses, preuve de la grande sécheresse qui sévit cet été sur l'ensemble des Alpes du sud.

 

Pêcheurs sur le Lac de la Fous

 

Nous faisons un point avec Laurent sur l'état de ses chaussures, histoire de savoir si nous montons 400m plus haut dormir près du Lac Long ou bien si nous bivouaquons simplement ici, sur les rives de ce lac.

 

Laurent est confiant ; ses chaussures tiennent plus ou moins le coup, suffisamment en tous cas pour tenter l'aventure...

 

Et nous voilà repartis droit dans la pente, au travers de milliers de blocs de granit et de gneiss mélangés, tous arrachés aux puissantes falaises de la face orientale du mont Neiglier puis du Ponset...

Une vague sente, correctement cairnée, nous permet de garder le cap et de grimper régulièrement. Au-dessus de nos têtes, le ciel est bas, chargé de gros nuages qui laissent à de brèves occasions percer un timide soleil...

 

J'explique à Laurent que les barres qui flanquent notre gauche recèlent d'excellents coins pour tenter de découvrir une fleur extrêmement rare, la Saxifraga florulenta, ou Saxifrage à fleurs nombreuses, qui fut pendant longtemps l'emblème du Parc National du Mercantour...

Mais je n'entretiens pas de faux espoir car cette plante déjà rare en elle-même n'ose faire une fleur que tous les ... 70 ans environ !!!!!!!!

 

Et de fait, en montant, nous découvrons de nombreuses rosettes de feuilles de cette relique des temps glaciaires mais hélas, aucune d'elles n'est en fleur !

 

Rosette de feuilles de Saxifraga florulenta

 

Cette Saxifrage (en latin : "je fends la pierre") est l'une des fleurs les plus rares du monde ; elle ne pousse qu'en de très rares endroits des très hautes vallées du Mercantour, entre le Mont Ténibre et le Clapier. Ici, en haute Gordolasque, nous sommes à l'endroit où elle est la plus fréquente de tout le massif, du moins du côté français (il y en a quelques belles populations du côté de l'Argentera et du Matto, en Italie).

Lorsque je suis monté au Lac Long en 2005, je n'avais pas réussi à voir une seule plante en fleur mais lorsque j'y suis revenu en 2008, j'en avais vu jusqu'à 8 !! Extraordinaire quand on sait le temps que cette plante met à faire une fleur !!

 

Bref, c'est les yeux rivés sur les petites falaises de granit que j'avance, ce qui me permet d'oublier pour un temps la fatigue de la journée, la raideur du terrain et la soirée qui s'avance... Laurent a retrouvé un bon rythme et ses chaussures ne semblent plus trop l'handicaper...

 

Enfin, vers 19h00, nous arrivons sur le replat où j'ai l'habitude de dresser ma tente. Et là, surprise, impossible de retrouver l'endroit où je pose mon campement lorsque je passe par ici !! Pourtant, rien ne peut avoir changé ici car le terrain est à l'abri des chutes de pierres et de tout autre bouleversement ! Je ne comprendrai jamais pourquoi je n'ai pas retrouvé mon emplacement préféré ??!!

 

Peu importe, il se fait tard, il s'agit de mettre la tente et d'installer notre bivouac avant la nuit. En plus, il y a du vent et ce n'est pas facile de s'en abriter ! Nous dinerons même à plusieurs dizaines de mètres du camp, derrière un gros rocher qui bloque ce maudit vent, avec une vue superbe sur le Lac Long et la face sud de la Malédie !

 

Le Lac Long et la face sud de la Malédie au couchant

 

Au repas du soir, dans un air bien frisquet !

 

On est crevés mais bien contents d'être arrivés jusque-là après toutes nos péripéties de la journée.

Laurent a encore de quoi payer deux tournées de pastis et ce doux breuvage nous fera le plus grand bien pour se poser définitivement !

 

Encore un plat lyophilisé à avaler, encore quelques étoiles à commenter et nous allons nous coucher, fourbus.

 

 

Demain, j'avais envisagé de grimper avec Laurent en haut du Gélas, point culminant des Alpes Maritimes (3143m) mais compte tenu de l'état de ses godillots, je sais que c'est peine perdue. Laurent insiste pour que j'y aille seul mais bon, ce n'est pas ma priorité ; le Gélas, je l'ai déjà gravi voilà 4 ans et tant pis si je n'y monte pas cette fois-ci !

Nous choisissons donc de rechercher demain matin des fleurs de Saxifrage à fleurs nombreuses puis de redescendre doucement vers la voiture...

 

La suite des photos, cest sur Picasa :


https://picasaweb.google.com/104675165079638287183/Gordolasque45Et6082012



25/08/2012
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