Au fil des roues, au gré des pas...

Au fil des roues, au gré des pas...

Le Royaume d'Automne

C'était le 05 novembre, par une belle et froide journée d'automne languissant.

 

C'était un petit bois comme on en trouve tant, un bois tout en vieux chênes, cèdres et pins.

 

C'était l'endroit où mes pas m'ont mené, tout droit au Royaume d'Automne !

 

 

 

J'aurais pu, chemin faisant, n'y voir que la lumière dorée des feuillages alanguis ...

 

Mais mes yeux, nonobstant, n'ont point quitté les ombres ...

 

 

Je ne sais si, longtemps, j'ai marché ; ce souvenir je ne l'ai point gardé ...

 

Je sais m'être assis, peut-être assoupi ; et j'ai rêvé d'un pays tout petit ...

 


 

Qu'était-ce là : Le toit d'une maison, un joli champignon ? Un radis tout joli ou la pomme d'Api ?

 

 

Ici, j'ai cru voir un lutin, je l'ai cherché en vain ...

J'ai vu un écureuil qui m'a fait un clin d'oeil !!

 

 

Ailleurs, une pomme de pin avait un habitant avec un p'tit chapeau pour seul vêtement !!

 

 

Et sur ce brin d'Evernie, une sylphe a bondi ; a moins que ce ne fut une simple lubie ...

 

 

 

De la glace à la vanille ?  Des souris qui se recroquevillent ?

 

"Lycoperdon" me souffle un petit elfe ; "C'est ma maison !" s'essouffle un ver de terre.

 

 

"Et celà, est-ce du citron ?" demandai-je à un gnôme tout rond.

 

"Point du tout !! C'est de la trémelle qui rend le bois tout mou !!!"

 

 

"Et ces guetteurs oranges, tapis au fond du bois, ne me dites pas que d'aucuns ne les mangent ?"

 

Mais le gnôme pourtant fut formel et constant : " Ils sont si petits qu'il en faudrait cent pour combler seulement le trou d'une dent !! "

 

 

"Et cette ombre profonde, que cache-t-elle encore ?"

 

"Chut, me dit le farfadet, ici rôde un grand danger... "

 

 

Par delà les épines, c'est la terre des Mousses ; Au-delà des Mousses, c'est l'amère Aubépine !

 

 

 

Je ne suis pas allé plus loin que les Mousses ; blotties sur leurs rochers, elles étaient si douces !

 

Je m'en suis retourné vers un pin sillonné au pied duquel gîtaient de curieux invités !

 

 

 

Seuls, à deux ou en grande famille, tous s'étaient déplacés pieds à pieds, pour une raison qu'il me fallait trouver ...

 

 

Il y avait ceux qui avaient beaucoup couru, et sans doute longtemps ; ils transpiraient encore rien qu'en attendant ! Ah, les joies des "Spores" !!!!

 

 

Il y avait des timides qui restaient à l'écart, bien droits, bien sages ...

 

 

Sans compter ceux qui voulaient qu'on les voit, ceux qui se mettaient "en lumière " !!

 

 

Et leur contraire : Les discrets, les camouflés !!

 

 

J'allais oublier ceux qui avaient eu le mal de terre en venant jusqu'ici ! ... Pas beaux à voir !!

 

 

Et celui-là, rouge de honte d'être arrivé le dernier !

 

 

J'ai cherché partout ce qu'ils étaient venus ainsi célébrer ... J'ai demandé aux sphaignes et aux lichens ...

 

 

J'ai écouté le doux murmure musical des Cladonies et le chuchotement des feuilles mortes ...

 

 

J'ai parlé à l'oreille d'étranges créatures ...

 

 

J'ai caressé des Parmélies par milliers pour en savoir davantage ...

 

 

Et puis, j'ai enfin compris !! J'ai compris que tous, champignons, mousses, lichens, petits êtres de la forêt, tous étaient venus rendre hommage au Roi Automne, couronné de feuilles d'or, parfumé de l'odeur de la terre humide et du sous-bois ...

 

Je n'ai pas vu le Roi Automne mais j'ai vu son Royaume, entre rêve et promenade ...

 


 

J'ai vu le velours des Collybies, la peau rude des Russules, le pied délicat de l'Omphale, la fragilité des Mycènes ...

 


 

Et j'ai aimé l'Automne comme jamais encore je ne l'avais aimé ...

 



15/11/2012
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